Gavroche a parié cinquante centimes que le bois de Boulogne était plus grand que le bois de Vincennes. Il a sorti son mètre-ruban, ce qui n'a servi à rien sur une surface de 846 hectares, et a fini par chercher la réponse dans un livre, ce qui est toujours plus rapide.
📍 Le Focus : Bois de Boulogne, 16e arrondissement
Héritier de l'ancienne forêt de Rouvray, le bois de Boulogne est offert à la Ville de Paris par Napoléon III en 1852, qui rêvait d'un Hyde Park parisien. Haussmann et l'ingénieur Jean-Charles Alphand y creusent des lacs, tracent des allées sinueuses et plantent des essences venues d'Angleterre. Avec ses 846 hectares, il reste pourtant plus petit que son jumeau de l'est, le bois de Vincennes, qui en compte environ 995.
Deux lacs artificiels, deux hippodromes (Longchamp et Auteuil), le Jardin d'Acclimatation et, depuis 2014, la Fondation Louis Vuitton y cohabitent. Gavroche note que Paris respire par deux poumons de taille inégale, posés symétriquement à ses deux extrémités.
🧠 Ce que Gavroche a compris en perdant son pari
L'ouest et l'est ne sont jamais symétriques : Boulogne, plus petit, plus mondain, entouré de communes riches (Neuilly, Boulogne-Billancourt) ; Vincennes, plus grand, plus populaire, voisin d'un château fort et de communes ouvrières. La taille des bois raconte déjà la géographie sociale de Paris.
Le geste du Second Empire : offrir un bois à chaque bout de la ville n'est pas un hasard esthétique. Napoléon III voulait des poumons verts pour une capitale industrielle en pleine expansion, et Alphand a exécuté ce programme aux deux extrémités de l'axe est-ouest.
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