Gavroche a imaginé les Grands Boulevards vers 1890. Pas seulement des théâtres et des fiacres : des centaines de tables, des garçons pressés, des journalistes, des peintres, des étudiants et des habitués qui pouvaient rester des heures.
Entre 1870 et 1914, Paris connaît l’âge d’or de ses brasseries et lieux de sociabilité. La Ville de Paris évoque environ 3 000 établissements de toutes sortes : bars, bouillons, estaminets, crémeries, brasseries, bals, cafés-concerts, tavernes, auberges ou cabarets.
Ces lieux ne servent pas seulement à manger ou boire. Ils deviennent les quartiers généraux de peintres, écrivains, journalistes, musiciens et responsables politiques. On y lit la presse, on échange des informations, on négocie, on écrit et on observe la ville.
Le 9e arrondissement et les Grands Boulevards sont particulièrement riches en enseignes : Café de la Paix, Grand Café, Brébant, Tortini ou Paillard participent à cette géographie de la conversation publique.
Gavroche a compris pourquoi Paris paraît si lié à ses cafés : ils ont longtemps été des pièces supplémentaires de la ville. Ni maison, ni bureau, ni rue, mais un peu des trois à la fois.
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