Gavroche s’est installé face à l’Opéra et a regardé autour de lui : dorures, larges baies, tables alignées vers la rue. Ici, le café ne cherche pas à se cacher. Il se met en scène.
Le Café de la Paix ouvre en 1862 avec le Grand Hôtel auquel il appartient. L’impératrice Eugénie inaugure elle-même l’hôtel le 5 mai. À cette époque, le quartier est en pleine transformation : les nouveaux boulevards et les grands équipements redessinent le centre de Paris.
Le décor Napoléon III du café raconte cette ambition. On ne vient plus seulement boire : on vient voir et être vu, rencontrer, attendre quelqu’un, commenter le spectacle de la ville. Le café devient une sorte de loge ouverte sur Paris.
À la fin du XIXe siècle, l’établissement voit passer des écrivains et artistes comme Maupassant, Victor Hugo, Émile Zola, Oscar Wilde ou Arthur Conan Doyle. Sa réputation dépasse alors largement le quartier.
Gavroche a noté une chose simple : un café peut être un observatoire urbain. Le Café de la Paix est moins un refuge qu’une scène. Sa terrasse et ses salons montrent comment le Paris moderne a appris à transformer la rue elle-même en spectacle.
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