Comment un simple café ouvert en 1686 est-il devenu l'un des lieux où Paris a appris à débattre de politique ?
Gavroche est entré au 13, rue de l’Ancienne-Comédie avec une idée simple : boire un café dans un lieu ancien. Il en est ressorti avec l’impression d’avoir traversé un morceau de Parlement.
Ouvert en 1686, le Procope attire rapidement les esprits qui contestent l’ordre établi. Au XVIIIe siècle, Diderot et Voltaire y ont leurs habitudes. Diderot y tient même des réunions de travail autour de l’Encyclopédie, cette entreprise monumentale qui veut rassembler et diffuser les connaissances de son temps.
Avant la Révolution, le café est surnommé la « Chambre des Communes », en référence au Parlement anglais. Le surnom dit bien ce que le lieu est devenu : un espace où l’on lit, discute, argumente et refait le monde en public.
En 1789, la dimension politique s’intensifie encore. Marat, Desmoulins, Danton ou Fabre d’Églantine fréquentent le secteur et le Procope reste associé à cette effervescence révolutionnaire.
Gavroche a regardé les tables autrement. À Paris, certains cafés n’ont pas seulement servi des boissons : ils ont fabriqué de la conversation publique. Le Procope est l’un des endroits où le café devient presque une institution civique.
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