Gavroche marchait sur le boulevard Richard-Lenoir quand il a réalisé quelque chose. Sous ses pieds, en ce moment précis, des péniches circulent dans l'obscurité totale. Il a failli s'arrêter au milieu du boulevard. Il s'est retenu.
📍 Le Focus : Boulevard Richard-Lenoir, 11e arrondissement
Le canal Saint-Martin, creusé entre 1805 et 1825, relie le bassin de la Villette à la Seine sur 4,5 km. Mais 2 km sont invisibles, enterrés en deux temps sous le boulevard Richard-Lenoir (1860-1862) puis le boulevard Jules-Ferry (1906), pour des raisons d'hygiène et de circulation.
Sous les jardins du boulevard, le canal continue pourtant de fonctionner : écluses, péniches, eaux noires. Le tunnel débouche dans le port de l'Arsenal, juste au pied de la colonne de Juillet, et les bateaux de plaisance qui y stationnent ont traversé Paris dans l'obscurité complète. Gavroche aurait adoré faire ce trajet.
🧠 Ce que Gavroche a compris en regardant le sol
L'ingénierie cachée : le canal compte 9 écluses pour gérer une dénivelée de 25 mètres entre la Villette, la plus haute, et la Seine, la plus basse. Chaque écluse est une chambre d'eau qui monte ou descend les bateaux, comme un ascenseur liquide glissé sous la ville.
La célébrité involontaire : la partie visible du canal, avec ses passerelles en fonte, ses écluses et ses berges arborées, a été rendue célèbre par le film Amélie Poulain (2001). La partie enterrée, elle, ne photographie pas ; c'est justement cette face cachée que Gavroche préfère.
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