Gavroche remonte l'avenue en regardant ses chaussures. « Champs-Élysées veut dire champs. » Il lève les yeux sur les Louis Vuitton et les McDonald's. « Très littéralement. Il y avait des champs ici. »
📍 Le Focus : avenue des Champs-Élysées, 8e arrondissement
En 1616, Marie de Médicis fait prolonger la promenade des Tuileries vers l'ouest. C'est alors une allée plantée d'arbres, boueuse, peu fréquentée. En 1667, Le Nôtre, le jardinier de Versailles, la rectifie et la prolonge jusqu'en haut de la colline. Elle reste encore une promenade champêtre.
Pendant 150 ans, les Champs-Élysées restent à moitié sauvages. Des vaches y paissent jusqu'au milieu du XVIIIe siècle. L'urbanisation sérieuse ne commence qu'avec Napoléon III et Haussmann : trottoirs élargis, immeubles alignés, cafés. L'avenue ne ressemble à ce qu'elle est aujourd'hui qu'à partir de 1860-1870.
🧠 Ce que Gavroche comprend sur la mythologie urbaine
Le mythe de « la plus belle avenue du monde » est une construction du XIXe siècle. Les grands hôtels, le Fouquet's, le Lido, tout cela date de la Belle Époque et des Années folles. La réputation s'est bâtie en cinquante ans et a résisté à l'arrivée des chaînes et des fast-foods depuis les années 1980. Paris protège ses mythes, même quand la réalité les contredit.
L'avenue fait 70 mètres de large et 1,9 km de long. La descente depuis l'Arc de Triomphe vers la Concorde est légèrement perceptible, avec 30 mètres de dénivelé. C'est ce très léger dévers qui donne l'impression de perspective infinie.
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