Au 29 avenue Rapp, Gavroche a d'abord cru que quelqu'un avait laissé l'Art nouveau prendre le contrôle de toute une façade.
L'immeuble est construit en 1900 par l'architecte Jules Lavirotte. Un an plus tard, sa façade est primée au concours de la Ville de Paris. Elle accumule courbes, figures sculptées et décors en céramique dans un ensemble volontairement spectaculaire.
Mais ce décor n'était pas seulement une fantaisie d'architecte. Le propriétaire de l'immeuble, Alexandre Bigot, était céramiste. La façade devenait donc une gigantesque vitrine de son savoir-faire : couleurs, textures et pièces moulées montraient aux passants ce que la céramique architecturale permettait de réaliser.
Les sculptures sont notamment associées au sculpteur Jean-Baptiste Larrivé. L'ensemble est aujourd'hui protégé au titre des Monuments historiques.
Ce qui amuse Gavroche, c'est que le bâtiment brouille complètement la frontière entre architecture, publicité et démonstration technique. Plus d'un siècle avant nos showrooms, un immeuble entier servait déjà de catalogue grandeur nature.
À Paris, certaines façades ne se contentent donc pas d'abriter des appartements : elles essaient aussi de vendre une idée.
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