Gavroche arrive place d'Aligre à 8h du matin. Les maraîchers déchargent. Les brocanteurs installent. Un café sert du vin blanc. Il avait noté « le marché existe depuis 1643 ». Il relit sa source. « Ah. Pas tout à fait. »
📍 Le Focus : marché d'Aligre, 12e arrondissement
En 1643, Louis XIII officialise bien un marché près de l'abbaye Saint-Antoine, pour vendre les fruits et légumes de Saint-Mandé et Nogent. Mais ce premier marché, trop exigu, tombe en désuétude. Ce n'est qu'en 1776 que les religieuses cèdent des terrains pour un nouvel emplacement : Louis XVI l'approuve en 1777, la place d'Aligre est créée en 1778, et le marché tel qu'on le connaît ouvre en 1779. La halle couverte, dite Beauvau, sera reconstruite deux fois depuis, en 1811 puis en 1843.
Le marché en plein air qui l'entoure est l'un des moins chers de Paris, car il se situe dans un arrondissement populaire où les commerçants payent des droits de place très bas.
Il est ouvert tous les matins sauf le lundi. La brocante s'installe sur la partie extérieure : objets usagés, livres, vieux vinyles, vaisselle. Le tout coexiste avec les légumes et les fromages.
🧠 Ce que Gavroche retient
Le marché d'Aligre est un anachronisme vivant. Dans un Paris qui a perdu la plupart de ses marchés populaires au profit des supermarchés et des marchés « de prestige », Aligre maintient des prix accessibles. Sa survie tient à l'histoire du 12e, un arrondissement ouvrier qui a résisté à la gentrification plus longtemps que d'autres.
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