Gavroche se tient à la Porte de Vincennes et regarde le périphérique. D'un côté : Paris. De l'autre : Vincennes. Entre les deux : 35 mètres de béton et 270 000 voitures par jour. Il note : « La frontière la plus brutale d'Europe occidentale. »
📍 Le Focus : Porte de Vincennes, 20e arrondissement
Le boulevard périphérique (35 km, construit entre 1956 et 1973) n'est pas qu'une route : c'est une frontière politique, sociale et symbolique. Il suit exactement le tracé des fortifications Thiers, rasées entre les deux guerres. L'espace entre les fortifications et les communes de banlieue, la Zone non aedificandi, était interdit de construction. Des dizaines de milliers de personnes y vivaient quand même, dans ce qu'on appelait simplement la Zone.
C'est sur cette Zone que le périphérique a été construit : une route posée sur les traces des bidonvilles, eux-mêmes posés sur les traces des remparts.
🧠 Ce que Gavroche a compris en traversant
Fracture sociale : le périphérique coupe Paris de sa banlieue plus sûrement que n'importe quelle frontière administrative. Le revenu moyen, l'espérance de vie, le niveau d'éducation, tout change brutalement d'un côté à l'autre. Paris intra-muros est l'une des villes les plus riches du monde ; la banlieue immédiate, l'une des plus inégalitaires.
Évolution : Depuis 2024, le périphérique est limité à 50 km/h. Des projets de couverture partielle (pour y construire des logements au-dessus) existent pour plusieurs portes. La frontière de béton est lentement contestée.
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