Gavroche s’est arrêté au 105 boulevard du Montparnasse. Aujourd’hui, La Rotonde ressemble à une institution installée depuis toujours. Pourtant, son histoire commence beaucoup plus modestement.
Un bistrot ouvre ici en 1903. En 1918, Victor Libion reprend l’établissement et le transforme progressivement en grand café-brasserie. Le quartier attire alors une communauté internationale de peintres, sculpteurs, écrivains et modèles.
La Ville de Paris rappelle un détail décisif : Libion, surnommé « Papa Libion », fait crédit aux artistes. Pour des créateurs souvent sans argent, cette souplesse change tout. On peut rester, rencontrer d’autres artistes, discuter, trouver un modèle, vendre une œuvre ou simplement attendre des jours meilleurs.
Kiki de Montparnasse fréquente La Rotonde. Autour d’elle gravitent Soutine, Foujita, Modigliani, Man Ray, Kisling et bien d’autres. Le café devient l’un des centres de cette « petite ville » artistique qu’est alors Montparnasse.
Gavroche a noté que les grandes scènes culturelles naissent parfois de détails très concrets. Ici, pas de manifeste fondateur : un patron tolérant, du chauffage, des tables, du temps et du crédit. La Rotonde est devenue célèbre parce qu’elle a laissé les artistes rester.
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